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Introduction : « La Nuit des rois en immersion »
Par Estelle Rivier-Arnaud
Publication en ligne le 24 septembre 2026
Table des matières
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Introduction : « La Nuit des rois en immersion » (version PDF) (application/pdf – 197k)
1Le présent volume est le fruit d’un ensemble d’événements et de travaux exploratoires ayant eu lieu entre 2024 et 2026 à Grenoble. Tout d’abord, il est l’histoire d’une rencontre, celle avec le metteur en scène Léonard Matton, fer de lance du théâtre immersif en France depuis 2018 – date à laquelle il présente une adaptation immersive de Hamlet dans une ancienne friche industrielle dans le cinquième arrondissement de Paris, nommé « Le Secret1 » pour l’occasion. Son spectacle Helsingør, château d’Hamlet, interrompu par la pandémie, sera joué de nouveau en 2019, 2021 et 2024 au Château de Vincennes. Entre-temps, en 2023, Mesure pour mesure voit le jour dans la Cour du Palais royal, sous le titre énigmatique du Fléau. Bien que n’étant pas les seules œuvres adaptées en théâtre immersif par Léonard Matton, ces deux spectacles sont révélateurs de la façon dont le répertoire shakespearien se prête particulièrement bien à de nouvelles modalités de jeu. Le théâtre immersif est en effet une forme relativement nouvelle dans le paysage théâtral contemporain, notamment en France. On doit son origine à la compagnie Punchdrunk et sa célèbre adaptation de Macbeth intitulée Sleep No More, créée en 20032. Le concept consiste à plonger le public, prévenu la veille du lieu de la représentation (un édifice religieux, un hôtel particulier, un palace, une grange désaffectée, ou autre) où l’œuvre sera jouée sur plusieurs étages et dans différentes salles simultanément, chaque visiteur étant libre de son parcours dans les dédales du bâtiment. L’intrigue se dissémine dans l’espace-temps et il n’est alors plus question d’assister à son intégralité. Bien au contraire, il faut se laisser aller au gré de ses envies, en suivant tel ou tel personnage qui n’aura peut-être pas de scène à jouer, mais qui ne s’éclipsera jamais en coulisses. Les termes « spectateur », « représentation », « scène », « spectacle », « coulisses » ou « quatrième mur » n’ont d’ailleurs plus vraiment de sens dans ce contexte car il n’y a plus de gradins ni de plateau et, lorsque les membres de l’auditoire sont invités à porter un masque, il se fondent dans le décor, voire participent à l’action, et sont autorisés à toucher aux objets et même à interagir avec les acteurs, si ces derniers les prennent à partie.
2Dirigée par Léonard Matton, la compagnie Émersiøn créée en 2022, s’est emparée de ces modalités qui interrogent le rapport du public à l’œuvre théâtrale, et abordent l’espace scénique autrement3. Les projets menés par la compagnie, soutenus par la DRAC, le département et la Ville, ont souvent été coproduits par des scènes conventionnées, et sont présentés dans des établissements culturels de Paris ou sa banlieue, notamment dans des sites patrimoniaux. Soucieux de démocratiser cette forme innovante de théâtre, le metteur en scène intervient régulièrement dans les établissements scolaires. Il a aussi publié nombre de ses créations sous forme de livres dont vous êtes le héros4 (nous soulignons).
3Dans le cadre de la collaboration entre Émersiøn et l’Université Grenoble Alpes, la réflexion sur le processus immersif à partir d’une œuvre de Shakespeare a été menée en plusieurs étapes. Au programme de l’agrégation 2025 et 2026, La Nuit des rois est apparue la pièce idéale pour aborder cette recherche-création car elle laissait entrevoir le moyen de fédérer les intérêts des mondes pédagogique, scientifique et artistique dans un calendrier relativement contraint. D’abord menée collectivement, une nouvelle traduction de l’œuvre a permis de réfléchir à la façon de structurer la pièce pour qu’elle puisse être jouée simultanément en divers lieux. En parallèle, s’est tenu un cycle de séminaires et d’interventions de Léonard Matton auprès d’élèves et d’étudiants. La publication de la nouvelle traduction de la pièce est parue chez Avant-Scène Théâtre en décembre 2025 en même temps qu’une mise en espace de quelques scènes, présentée au Musée Dauphinois de Grenoble5 avec des artistes amateurs et professionnels.
Qu’est-ce que l’immersion ?
4Employé de nos jours dans des contextes variés sans rapport particulier avec l’eau, le terme (du latin immersio, -onis de même sens, formé sur le supin immersum de immergere, verbe immerger) se définit à l’origine dans son rapport à une substance liquide. Synonyme de bain ou d’enfoncement, il désigne le fait de plonger l’entièreté d’une chose animée ou inanimée, dans l’eau ou dans un matériau fondu. En physique par exemple, on parle du « point d'immersion » par lequel « un rayon lumineux se plonge dans un liquide quelconque6 . »
5Dans le domaine religieux, on parle d’immersion baptismale, de baptême avec ou sans immersion (A.2., CNRTL). L’usage du terme au figuré est également fréquent, en particulier dans le domaine des arts et des lettres, pour évoquer une plongée métaphorique dans un rêve ou une situation donnée. On dit alors que l’on s’immerge dans une atmosphère, que l’on se fond dans un décor, une ambiance ou un autre corps.
6La polysémie du terme, dans ses deux acceptions (propre et figurée), se prête particulièrement bien à La Nuit des rois puisque s’immerger dans cette pièce, c’est à la fois plonger dans un monde où l’amour, l’illusion et la comédie s’entrelacent, mais aussi faire référence à l’univers maritime où se situe l’intrigue. La plongée des corps dans l’océan, à la suite d’une tempête mentionnée au début de la pièce, semble en effet avoir englouti certains personnages à tout jamais. La présence du liquide – selon divers atours comme l’océan bien sûr, mais aussi la boisson (ou beuverie), la renaissance par le baptême ou la résurrection (les corps naufragés sur la berge de l’Illyrie) ou encore l’illusion – est omniprésente ensuite dans la pièce.
Twelfth Night, or What you Will
7Écrite aux environs de 1601-1602, Twelfth Night, or What you Will de William Shakespeare nous amène en Illyrie, pendant l’Épiphanie, quelque part entre une plage, le palais d’Olivia et celui d’Orsino. Ce dernier, épris de la belle comtesse qui lui refuse toute entrevue, engage le jeune Cesario, afin de la courtiser. Cependant, le messager n’est autre que l’illusion d’un homme puisque, dès la seconde scène de la pièce, nous avons assisté à son arrivée sur l’île, sous les traits de Viola, noble étrangère échouée après un naufrage. À cette intrigue première, où s’esquissent des relations complexes entre les genres, s’entremêlent deux autres actions : celle orchestrée par Sir Toby (l’oncle d’Olivia) et ses acolytes Sir Andrew Aguecheek, Maria et Feste le Fou qui complotent tous contre Malvolio, intendant et amoureux éconduit de la comtesse, qu’ils jugent obséquieux et méprisable. Quant à l’autre action dite secondaire, elle présente le parcours de Sebastian, frère jumeau de Viola, lui aussi échoué en Illyrie où il se croit perdu avant d’y trouver son salut. A priori dissemblables, personnages et parcours présentent des similitudes : alors que tous croient être maîtres (ou maîtresses) de leur destin, le hasard les déroute et, bien que le dénouement semble rétablir une situation stable, l’incertitude plane quant à une paix des cœurs effectivement restaurée.
8Les rebondissements de l’action, les questions de genre et d’ambivalence identitaire, la relation entre les personnages, leur statut social, leur façon de s’exprimer, de même que les rapports de pouvoir et la limite ténue entre le rire et les larmes, sont quelques-unes des facettes que la plume de Shakespeare subtilement décrit. Or, si autrefois la connaissance de celles-ci était accessible par le biais de la scène, elle l’est aujourd’hui également ‒ et peut-être même, avant tout ‒ par celui du texte.
Approches immersives
9Pour composer ce volume, nous avons donc invité les autrices et auteurs à mettre en rapport ces deux moyens majeurs, texte et scène, par lesquels nous souhaitons immerger le lecteur dans la pièce. À l’origine, plusieurs points d’entrée ont alors été choisis. Le premier, « s’immerger dans l’H/histoire », implique l’étude du contexte d’écriture, de sa représentation et de sa publication, mais aussi celle de l’environnement politique et social de la pièce à l’époque de Shakespeare, celle de la géographie du texte et du lieu, du voyage et de l’espace géographique, et enfin celle des personnages ou dramatis personae. C’est à ces questionnements que répond la contribution de Sophie Lemercier-Goddard, « Accost! The Economy of Travel in Twelfth Night » qui offre une plongée littérale et cartographiée, mais aussi littéraire, dans le contexte maritime où évolue la pièce.
10Le deuxième point d’entrée en immersion est textuel ou comment « s’immerger dans le texte ». En s’intéressant aux (contre-)sens et aux jeux de mots, aux figures de style, à la rhétorique, la syntaxe, la composition littéraire, aux sens pluriels, aux sonorités et à la musicalité de l’écriture, à travers parfois la micro-lecture de passages choisis, les chapitres rédigés par Barara Müller : « Twelfth Night et les jeux de l’immersion dans l’expérience métaphorique » et Benjamin Perriello : « ‘Wise enough to play the fool’: Clown and Class in Shakespeare’s Twelfth Night » invitent à réfléchir au travail de composition et à la place du personnage dans l’économie du texte, dans son rapport à lui et à la société qui y est décrite.
11Les études réalisées par Laetitia Boaretto-Dembreville : « Relations Dangereuses : représentations scéniques de la parentalité substitutive ambivalente dans La Nuit des Rois », Dympna Callaghan « ‘What Country Friends Is This?’ : Anatomy and Identity in Twelfth Night » et Clémence Lescoutre « La Nuit des rois ou l’Esprit de la comédie : aux origines du renouveau shakespearien » consistent en une « immersion dans le(s) genre(s) » (troisième point d’entrée) en abordant les questions de comédie et de divertissement, de théâtralité, métathéâtralité, d’intermédialité et d’identité selon des approches théoriques féministes, queer ou psychanalytiques.
12Enfin, le volume invite à « s’immerger dans l’esthétique » à travers les images et l’imaginaire de l’œuvre, les allusions à l’interprétation, aux accessoires scéniques et au décor, en interrogeant également la place du spectateur, le rapport au corps et au costume de l’acteur, l’analyse de mises en scène passées ou présentes, recontextualisées parfois. Les analyses écrites par Jean-Louis claret, « At the Very Heart of Artistic Creation », Méline Dumot, « Shame and Humiliation on the Contemporary Stage: Playing Malvolio/a in the 21st- century » et Catherine Lisak « The Sound and the Break: Immersion and its Recoil in Twelfth Night » accordent un intérêt particulier à ces diverses notions et proposent des approches contrastées entre le dessin, la scénographie ou l’adaptation cinématographique, avec des accents souvent philosophiques.
13Mais en réalité, il est difficile de ranger ces diverses contributions dans des catégories qui pourraient paraître contradictoires avec le principe même de l’immersion lequel, nous l’avons décrit, est de fusionner deux entités dans un tout sans limites, sans cloisonnement, telles les profondeurs abyssales des fonds marins. Beaucoup de ces études sont à la croisée des chemins entre plusieurs « points d’entrée », plusieurs approches théoriques, plusieurs champs d’études. Nous avons donc finalement décidé de laisser « naviguer » le lecteur librement, d’une immersion à l’autre, en valorisant chaque chapitre dans un unique moule, celui de l’immersion dans la Nuit des rois tout en affichant une orientation non-exhaustive. Le classement des chapitres est donc alphabétique.
14Les rubriques L’Œil du spectateur et Varia complètent le volume en s’attardant sur des mises en scène de la pièce en France et en Angleterre, avec les compte rendus de Charlène Cruxent, Sophie Doulut, Nathalie Robert-Jurado, ainsi que deux propositions d’immersion singulières, l’une en invitant le lecteur à s’immerger dans le rôle de Malvolio grâce à Marceau Deschamps-Segura et l’autre, à s’asseoir autour de la table ronde pour parler d’une expérience collective, la lecture immersive de La dernière nuit des fous, adaptation de La Nuit des rois, créée au Musée dauphinois de Grenoble en décembre 2025 (mentionnée plus haut), sous la direction de Léonard Matton, à qui nous laissons le dernier mot :
15La clef de mon travail se situe à cet endroit - l’incertitude […]. C’est à mon avis une erreur de vouloir figer la mise en scène qui, comme le jeu du comédien, est sujette à variations dans l’Histoire du théâtre. L’éphémère donne son sens au théâtre, et seule la quête de l’incertitude offre un sens au geste esthétique qu’est mettre en scène7.
Remerciements
16Les éditrices du présent volume, Chloé Giroud, Charlène Cruxent et moi-même – également co-organisatrices du colloque dédié à La Nuit des rois en décembre 2025 à l’UGA remercient chaleureusement les contributeurs du présent volume ainsi que Les Cahiers Shakespeare en devenir qui en accueillent les travaux.
17À nos côtés et celui de Léonard Matton, les étudiants, stagiaires en Master LLCER, collègues de travail, comédiens du Conservatoire de Grenoble ou bénévoles extérieurs, sont venus prêter main forte et leur savoir-faire à différents niveaux dont la lecture immersive in situ le 5 décembre 2025, ou encore le site du projet.
18Le laboratoire ILCEA4, la Structure Fédérative en Recherche-Création (SFR-Création) et la Commission Culture (avec la programmation des spectacles à l’Ouvre-Boîte) ont apporté un soutien financier majeur, sans lequel chercheurs et artistes n’auraient pu se réunir, et y compris dans la publication de La dernière nuit des fous parue à l’Avant-Scène Théâtre en décembre 2025.
19Nos remerciements s’adressent également à toutes les instances ayant contribué à et/ou financé l’accueil des ateliers pédagogiques, des séminaires, des répétitions de théâtre, du colloque. En particulier, le Conseil scientifique de l’UGA, Grenoble-INP et GAM, la société savante RADAC, les UFR SoCLE et Llasic ainsi que la Faculté H3S,la MaCI (Maison de la Création et de l’Innovation), le Musée dauphinois, E.S.T, le Lycée Pierre du Terrail de Pontcharra et la Société Française Shakespeare.
Bibliographie
MACHON, Joséphine, Immersive Theatres: Intimacy and Immediacy in Contemporary Performance, Palgrave Macmillan, 2013.
MACHON, Joséphine, The Punchdrunk Encyclopaedia, Routledge, 2018.
MATTON, Léonard, Helsingør, Château d’Hamlet, l’Avant-Scène Théâtre, 2020.
MATTON, Léonard, Le Fléau, Mesure pour mesure, l’Avant-Scène Théâtre, 2024.
MATTON, Léonard, Le théâtre immersif, l’Avant-Scène Théâtre, 2025.
MATTON, Léonard, La dernière nuit des fous, d’après La Nuit des rois de Shakespeare, préface de Chloé Giroud et Estelle Rivier-Arnaud, l’Avant-Scène Théâtre, 2025.
SHAKESPEARE, William, Twelfth Night, or What You Will, éd. Keir Elam, Londres, Bloomsbury Arden Shakespeare, 2008.
WARREN, Jason, Creating Worlds: How to Make Immersive Theatre, Nick Hern Books, 2017.
YU, Kathryn, Inside the World of Punchdrunk with ‘The Punchdrunk Encyclopaedia’ (Q&A), « An interview with author Josephine Machon and Director of Punchdrunk Enrichment, Peter Higgin », 19 janvier 2019, consulté le 12 juillet 2026.
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Dictionnaires
LITTRÉ, É. & ROBIN, C., Dictionnaire de médecine, Baillière, 1865.
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Sites internet
Immersion dans La Nuit des rois
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Vidéos
« Sleep No More immersive theatrical experience in New York », consulté le 15 novembre 2025.
« HELSINGØR, château d'Hamlet », trailer, A2R compagnie, consulté le 15 novembre 2025.
Notes
1 Emersiøn, « Le Secret : Expériences Immersives », consulté le 28 juillet 2026.
2 La compagnie Punchdrunk a été fondée par Felix Barrett en 2000. Sa première création immersive est La Cerisaie de Tchekhov. Deux autres adaptations suivront avant les pièces shakespeariennes, Le songe d’une nuit d’été en 2001 et La tempête en 2003, la même année que Sleep No More. En 2008, la compagnie développe une autre activité, Punchdrunk Enrichment, que dirige actuellement Peter Higgin (voir ci-dessous). Bien que la dernière création de la compagnie soit un jeu, Lander 23, Sleep no More a été joué de nouveau à Séoul en juillet 2025 et demeure une référence majeure de celle-ci.
3 Cela suit la démarche menée par Punchdrunk dont la pratique est décrite par Josephine Machon dans une interview avec le directeur de la compagnie : « Punchdrunk’s work is considered to be exemplary of immersive practice due to the ideas underpinning it and the mission that drives it. That mission never changes: to place the audience at the centre of the work in concept and experience, in both its epic and intimate forms. » Kathryn Yu, « An interview with author Josephine Machon and Director of Punchdrunk Enrichment, Peter Higgin », consulté le 12 juillet 2026.
4 Ces ouvrages, tous publiés à l’Avant-scène Théâtre sont répertoriés dans la bibliographie ci-dessous. Dans le même ordre d’idées, Léonard Matton a créé un jeu de tarots sur le thème de Mesure pour Mesure.
5 Il nous semblait important d’intégrer le processus de création d’une œuvre en lui offrant un cadre adapté – un site historique, par exemple – afin d’inviter chercheurs, étudiants et artistes à réfléchir à l’avenir de l’œuvre de Shakespeare dans cette nouvelle pratique.
6 É. Littré & C. Robin, C., Dictionnaire de médecine, Baillière, 1865 pour l’entrée « Immersion » (A.1.), Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL), 2012, consulté le 23 juillet 2026.
7 Emersiøn, « Léonard Matton : création théâtrale et transmission artistique », consulté le 12 juillet 2026.
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Quelques mots à propos de : Estelle Rivier-Arnaud
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