<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0">  
  <channel>                
    <title>idéologie</title>    
    <link>https://shakespeare.edel.univ-poitiers.fr:443/shakespeare/index.php?id=3127</link>
    <description>Index de idéologie</description>
    <language>fr</language>    
    <ttl>0</ttl>
    <item>
      <title>« I know the disciplines of war » (Henry V, III.2.141) : faire « théâtre » des traités militaires ?</title>  
      <link>https://shakespeare.edel.univ-poitiers.fr:443/shakespeare/index.php?id=3118</link>
      <description>Dans Henry V (1599), Shakespeare pourrait bien vouloir se mettre en scène dans ce capitaine exemplaire qu’est Fluellen, mise en abyme qui pourrait alors révéler combien il tire lui-même profit des préceptes édictés par divers traités écrits sur les « disciplines de la guerre ». Or, dans Lawes and Ordinances (1586), Robert Dudley, comte de Leicester et général de l’armée d’Élisabeth Ire, recense les règles que son corps militaire est tenu d’observer pour triompher des forces de Philippe II d’Espagne. De même, dans Lawes and Orders of Warre Established for the Good Conduct of the Service in Ireland (c. 1599), Robert Devereux, parti en Irlande le 27 mars 1599 afin d’y combattre la rébellion menée par Tyrone, publie lui-aussi les règles auxquelles son armée doit se conformer strictement, sous peine de châtiments. Par-delà une parenté patente entre la pièce de théâtre et les manuels militaires qui circulaient à l’époque élisabéthaine, il semble que Shakespeare ait largement emprunté aux traités de son temps et se montre manifestement très bien informé sur les disciplines et la pratique de la guerre consignées par les généraux d’Élisabeth Ire comme par tant d’autres théoriciens. Le dramaturge s’ingénie par ailleurs à mettre en scène les conséquences de l’indiscipline militaire sous la forme de soldats insubordonnés chargés d’illustrer la rupture avec les « disciplines de la guerre » si chères à Fluellen comme à Dudley et à Essex. Non content de réserver à ce dernier un triomphe imaginaire dans le Chœur de l’Acte V, l’assimilant à rien de moins qu’au « victorieux César » embrochant la « rébellion de son épée », Henry V  rend en particulier visible sur la scène de son théâtre nombre de références précises venant du propre manuel militaire d’Essex. Pourrait-on voir ainsi la pièce comme une œuvre hagiographique, sinon idéologique, où se dessinerait une possible prise de position politique de la part de Shakespeare en faveur d’Essex ? Faire théâtre de son traité militaire ajouterait-il à l’enthousiasme idéologique latent accompagnant l’attente de son retour triomphal ? La pièce Henry V, en plus de son fonctionnement d’œuvre maniériste reposant sur des jeux d’emprunts détournés, pourrait donc aussi en partie se lire comme un traité militaire retranscrit sous forme dramatique. In Henry V (1599), Shakespeare may well wish to portray himself as the exemplary Captain Fluellen, a mise en abyme that could reveal how much he himself benefited from the precepts laid down in various treatises regarding the “disciplines of war”. In his Lawes and Ordinances (1586), Robert Dudley, Earl of Leicester and General of Elizabeth I’s army, listed the rules that his military corps had to obey in order to triumph over the forces of Philip II of Spain. Similarly, in his Lawes and Orders of Warre Established for the Good Conduct of the Service in Ireland (c. 1599), Robert Devereux, Earl of Essex, who left for Ireland on March 27th, 1599, to fight the rebellion led by Tyrone, also published the rules with which his army must strictly comply, under pain of punishment. Besides the manifest kinship between the play and the military manuals circulating in the Elizabethan period, Shakespeare seems to have heavily borrowed from the treatises of his time and is demonstrably very well informed about the “disciplines” and practice of war recorded by these generals of Elizabeth I and many other theorists. The playwright also ingeniously stages the consequences of military indiscipline in the guise of insubordinate soldiers to illustrate the departure from the “disciplines of war” so dear to Fluellen, Dudley and Essex. In addition to providing the latter with an imaginary triumph in the Chorus of Act V, likening him to nothing less than the “victorious Caesar” broaching the “rebellion on his sword”, Henry V makes a number of specific references from Essex’s military manual visible on the theatrical stage. Should the play thus be seen as a work of hagiography, not to say ideology, reflecting Shakespeare’s possible political stance in favour of Essex? Would dramatising his military treatise add to the latent ideological enthusiasm with which his triumphal return was anticipated? While Henry V functions as a mannerist work based on an interplay of misappropriated borrowings, it could therefore also be read in part as a military treatise cast in dramatic form. </description>
      <pubDate>lun., 09 déc. 2024 02:44:55 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>sam., 28 févr. 2026 12:36:56 +0100</lastBuildDate>      
      <guid isPermaLink="true">https://shakespeare.edel.univ-poitiers.fr:443/shakespeare/index.php?id=3118</guid>
    </item>  </channel>
</rss>